Le réparateur de machine à café et novelliste de Sheffield (ou Bobo) 2
Une semaine plus tard, je reviens d’un week-end très reposant en France, auprès de ma famille. Très vite toutefois, les ennuis que j’avais en tête avant de partir sont revenus m’enquiquiner de plus belle. Les gens au travail m’énervent et il faut que je quitte cette boite au plus vite. Sauf que ça se fait pas comme ça, et du coup plouf, je suis tombée dans une 'déprimette' passagère. J’étais alors sur msn avec Flick et on se racontait nos bas, en ce moment malheureusement plus nombreux que les hauts.
Puis je me dis, bon, il faut se ressaisir, après tout rien ne sert de se lamenter. J’étais rentrée depuis deux jours de France et je n’avais pas donné signe de vie à Bobo, je décide de le texter poliment pour faire coucou, qui sait, il saura peut-être me faire changer les idées? Il me répond assez vite, et finit par me poser trois questions : est-ce que j’ai des plans ce week-end, est-ce que j’ai du temps de libre à le consacrer, est-ce que je veux le voir ? A ce texte je réponds oui, oui et oui !
Le retour ne s’est pas fait attendre, mon telephone m’annonce l’arrivée d’un message et j’y découvre une invitation pour une journée ce week-end sur la côte sud de l’Angleterre. Mmm, c’est très bien vu ça mon Bobo, me dis-je avec un petit sourire. Décidément, il sait comment me « dater » celui-là !
Nous prenons rendez-vous et cette future excursion marine me redonne la pêche pour terminer la semaine au bureau.
La nuit de vendredi, je me rends au théâtre afin d’aller voir Plaine de Lune jouer dans l’Atelier. Ce soir-là, je l’attendais depuis plus de deux mois, car c’était le jour ou je devais revoir l’Homme sans Sexe. Il tenait en effet le rôle principal et il me tardait de pouvoir le voir et enfin lui reparler.
Je m’assois à ma place et assez vite la pièce commence. Les acteurs entrent en scène, et Plaine de Lune aussi. Toutefois, un acteur manque, mon Homme sans Sexe. Mais où est-il passé bon sang ? Je ne le vois pas. Je me penche en avant, scrute la scène et n’écoute même plus les textes, totalement obsédée par le fait de le retrouver parmi toutes ces couturières.
J’entends alors qu’on s’assoit à mes côtés et qu’on me chuchote un salut. Je me fichais bien de qui cela pouvait bien être jusqu’à ce que je me retourne et découvre qu’il s’agissait de L’Homme sans Sexe. D’un coup, je me redresse et me remets dans le fond de mon siège. D’un grand sourire, je lui retourne son salut et je lui demande ce qu’il fait là. Il me dit sa raison que j’oublie aussi vite puis nous nous regardons. Je sens que mon regard pétillent à l'avoir là juste devant moi, et à moins que ces yeux ne reflètent que le feu d’artifice qui se déroule dans les miens, quelques beaux jets semblent exploser de son côté aussi.
Nous sommes confortablement installés et à un moment l’HSS s’étire, et me fais le fameux coup de collégien qu’aucun type n’a jamais osé me faire : il en profite pour passer son bras autour de moi. Surprise au premier abord, je n’en croyais pas mes yeux et plutôt que de jouer la prude, je me suis réjouie de sa prise d’initiative pour mon plus grand plaisir, bien que maladroite.
Nous continuons à discuter mais bientôt nous n’avons plus envie de discuter. L’HSS m’embrasse et fougeusement ! Et là, je me dis YES, enfin !!! c’était plus facile que je ne le pensais, mais c’était bon, je l’avais. L’HSS était à moi et je ne le lacherai pas !
Nous continuons à nous embrasser, tant et si fort que les spectateurs commencent à souffler de mécontentement, mais cela ne nous arrête pas, bien au contraire ! Mais où cela va-til finir ?
En jingle de smooth FM qui me fait ouvrir les yeux. Où suis-je ? Ah oui…dans ma chambre, mais j’ai révé de quoi avant ? mmm…j’étais au théâtre, avec l’HSS, oh quel dommage ce n’était qu’un rêve et je me sentais si bien. En attendant c’était bien trop beau pour être vrai. Tiens et quel jour sommes nous ? Samedi, et qu’est-ce que j’avais prévu samedi ? Je vais à la mer, avec Bobo… oh non !
Après le rêve que je venait de faire, penser à passer la journée à la mer avec Bobo avait plutôt un goût amer. Les moments savoureux, c’est dans la tête, alors que celui que j’allais embrasser pour de vrai c’était Bobo. Ma motivation a diminué par 10. J'ai failli annuler car je ne voyais pas l'intérêt de sortir à la mer avec type alors que je venais de rêver d’un autre.
Finalement je suis revenue à la raison. L’HSS, c’est limite du fantasme, alors pourquoi gâcher ce qui pourrait-être une histoire sympa avec un type adorable ?
Une bonne douche, un bon verre de jus d’orange et j’étais prête à partir à la mer, de plus le jour était bien choisi : il faisait un soleil radieux.
Bobo arrive un peu en retard, et je descends le rejoindre. Cette fois, le revoir me fait sourire jaune. Je me sens fautive de ce rêve, pourquoi ai-je rêvé de l’HSS alors que dernièrement je n’y avais pas pensé du tout et que je ne savais même pas quand se déroulerait la pièce ?
Je fais un bisou à Bobo qui m’ouvre la portière de sa voiture, et nous voilà partis vers la mer pour la journée. Nous avons passé une journée très sympa, à nous ballader à discuter et plus le temps avançait, plus je me sentais à l’aise avec lui car nous avions beaucoup de choses à nous dire, et la même façon de penser sur plein de choses. De plus, sa galanterie était exemplaire, peut-être trop. Car ce qui est resté de cette journée, c’est que le peu de baiser que je lui ai donné venait du fait que je n’avait tout simplement pas envie d’autre chose que de passer du temps avec lui. Mon corps ne l’appelait pas, et mon visage non plus. Nous sommes rentrés au soir, il était ravis, moi aussi, mais je me sentais coupable car je pensais que cela pouvait être la dernière fois où nous nous serions revus.
Le lendemain, j’avais rendez vous avec Plaine de Lune pour déjeuner avec deux autres amis. Nous avons discuté de tout et de rien, et Plaine a enfin abordé le sujet de sa représentation, jusqu'alors gardé sous silence. Les dates où nous devions aller la voir avaient changé, et nous n’irions pas la voir samedi prochain, mais le mercredi suivant. Cricri, à notre table, ouvre son agenda. « Ah oui, très bien, moi aussi, j’ai pris ma place pour le mercredi, le 14, c’est bien, on sera tous ensemble » sur quoi Plaine a renchéri : et oui, pour la Saint Valentin, on sera tous ensemble, c’est merveilleux, non ?
Mon corps s’est figé le temps de réaliser la drôle de coïncidence qui venait de produire : j’allais revoir l’HSS après plus de deux mois d’attente, et pas n’importe quel jour : celui de la fête des amoureux ! Je souris dans mon coin et je me suis dit « oh oui Plaine, c’est merveilleux ! »
Ma Saint Valentin qui s’annonçait en solitaire sera au final tout le contraire, mais l’essentiel est de savoir comment cela va se passer avec l’HSS ? J’ai trop hâte d’y être…et j’en tremble de peur...suspense jusqu'à mercredi soir!
Par pasdesexeinthecity, Mardi 13 Fevrier 2007 à 01:32 GMT+2 dans Dossiers en veille (article, RSS)






