Pas de sexe in the City

Je t'aime moi non plus

On n’y croyait plus, pourtant elle a bien eu lieu, la rencontre avec le Louveteau…Me jetant dans la gueule, allais-je être mangée toute crue ?



Aujourd’hui, jour J : j’ai rendez-vous avec le louveteau ce soir.
J’ai bien veillé à lui demander une confirmation la veille d’au moins 12 heures à l’avance…Le sournois louveteau m’a bien sûr pris au mot et ne me confirme que 40 secondes avant la fin de l’ultimatum…

Pour bien vous donner l’état de tension et de fatigue dans lequel nos escarmouches épistolières ont pu mettre…, mon état n’est guère glorieux, je ne dors plus, n’arrive plus à diriger, et surtout, comble de l’horreur, un simple petit bouton de fièvre vient de pousser au-dessus de mes lèvres…Quoi de plus parfait, n’est-ce pas ?

Je vous épargne le déroulement de la journée où Louveteau a quasi frôlé la folie et moi l’apoplexie. Tension et bouillonnement à leur comble. Epuisée, je décide de rentrer chez moi avant le grand affrontement afin de retrouver quelque force dans une ultime sieste. Puis l’heure s’approche, il faut prendre le métro, le ventre noué.

 

19h58. Je suis en place. Je me plonge dans mon livre du moment « the tipping point » - livre des plus appropriés qui décrit cet instant minuscule où tout bascule dans bonheur, succès ou tragédie ! -. Histoire aussi de ne pas trop ressembler à un chasseur désespéré aux aguets de ce loup solitaire qui ravage la région (en l’occurrence ici celle de mon cœur)…

 

20h01

-         « Bonjour toi ! T’es déjà là !

-         Ben oui, toi aussi ?! J’étais persuadée que tu allais être en retard.

-         Et moi, j’étais persuadé que tu allais encore me planter ! »

 

Comme vous voyez, nos retrouvailles ressemblent plus à ‘l’Age de glace’ que ‘Ce feu torride sous la braise’…Deux baisers sur les joues sont échangés rapidement et poliment. Il m’intronise direct leader : puisque c’est moi qui ai choisi le quartier, à moi de décider du lieu. Ok. Je reprends du poil de la bête et lui riposte que nous irons donc au passage du trésor (mon cœur) ! Je m’aperçois qu’il ne connaît guère Paris, ce qui n’est pas mon cas et me donne un avantage.

 

On se pose. A hauteur égale. Sur deux fauteuils rouges velours. Discussions un peu plates jusqu’à… ce qu’à côté de nous vibre un téléphone et s’échappe la musique de Sexe in the city. J’y vois comme un clin d’œil secret. Rebond. La conversation enchaîne sur nos séries préférées, le ciné, le théâtre et s’allège petit à petit. Je fais remarquer au Louveteau qu’il semble beaucoup vivre par procuration, et lui que moi c’est plutôt par clichés. Paf, et Paf ! Tiens, prends ça ! Louveteau n’a pas  été champion de tennis pour rien…Titre que j’ai découvert, dans la soirée, au détour d’une question, où, d’un joli lapsus, je lui demandais s’il avait l’esprit de conquête au lieu de compét’ ! (sic)

 

Le premier set se termine. La balle est de nouveau dans mon camp, à moi de servir et de sélectionner le prochain terrain. J’opte pour un bar salsa. Là, deuxième cocktail, le loup se dégrise et moi aussi. Il m’attendrit. Très sagement, on s’avoue nos vices qui ne pèsent pas plus lourds que quelques grammes d'alcool et d'herbes... Mais le Louveteau se fatigue ou plutôt feint l’essoufflement et me demande de mener le jeu. Je jette, ici et là,  quelques allusions sur notre dernière rencontre londonienne. Fin du deuxième set.

 

Le troisième set sera donc le décisif. On dégaine alors les raquettes de guerres, celles qui balancent des ace et clouent l’adversaire bouche bée. On se renvoie les blessures respectives qu’on s’est infligé l’un à l’autre…pour se rendre compte que finalement on est un peu de la même carapace- orgueil et susceptibilité (on se dirait dans un remake de ‘pride & prejudice’ !). On se le dit calmement les yeux dans les yeux. Bref, comme dirait Lyne Achevez, une vraie conversation de couple (que nous ne sommes pas !)

 

En fond sonore, le rythme latin s’empare lui aussi du générique de sexe in the city, il est temps de partir.

On devrait être épuisé d’avoir vidé toutes nos cartouches, mais pourtant non (la fatigue et les yeux cernés, s’ils subsistent, viennent d’ailleurs, d’avant…). Ca serait plutôt l’inverse, comme si on avait un peu grandi tous les deux ensemble.

 

Louveteau me raccompagne jusqu’au métro. Il m’a invité pour les deux verres, en me faisant promettre de l’inviter la prochaine fois. Pas en 2008, j’espère. Si la fréquence de nos rencontres ne monte pas plus, nous serons autour d’une moyenne de fréquentation de 5% (3 jours travail+2 soirées en 2005, 1 nuit en 2006 et cette soirée en 2007…je vous expliquerai plus tard comment calculer).

 

On se souhaite au revoir promptement, par deux baisers aussi polis que les premiers qui ont inauguré notre rencontre. Sans rien se promettre. Je m’engouffre dans le métro, satisfaite, songeuse mais pas inquiète. Je me dis que je n’ai jamais connu une telle franchise et liberté de paroles avec aucun de mes ex…

 

Et puis, que ça s’est déjà entendu des histoires de loups que l’on parvient à apprivoiser…

 

Vos commentaires

1 Le Samedi 6 Janvier 2007 à 22:41 GMT+2, par Punky Light

Bon ben on va attendre que le pourcentage monte alors ! ^^

2 Le Dimanche 7 Janvier 2007 à 14:01 GMT+2, par Mabb

C'est très rare de garder un bon contact avec ses exs et puis vous semblez assez complices, pas mal du tout :)

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