Pas de sexe in the City

Le pianiste hongrois (suite et fin)

Le dénouement tant attendu!


Quelque semaines plus tard nous nous revoyons dans un café à Marylebone, où il devait rencontrer aussi des amis. Je suis arrivée à l’heure et lui en retard d’une bonne demi heure, ce qui m’a un peu ennervé. Mais quand il est arrivé tatata ! on ne pouvait pas le rater. La bourrasque hongroise pénétrait le café et mon sourire a repris le dessus.

 

Nous nous asseyons et discutons autour d’un verre de vin et abordons divers sujets. Forcément il me demande où en est la vie sentimentale et si j’ai vécu une histoire originale à Londres. Je réponds que oui, et lui raconte l’histoire de la rencontre avec mon américain*. Il me dit alors « et vous avez fait l’amour passionément je suppose à un moment», sur quoi je lui réponds « non justement c’est ça qui est original ! ». Il s’est laissé tomber sur le dossier de sa chaise et s’est esclafé en levant les bars au ciel « mais c’est décevant tou ça ! où est la pasion ? le désir ? ». Je n’ai rien répondu car j’étais un peu bouche bée. Il ne comprenait rien, et ses chansons à l’eau de rose étaient vraiment du marketing de masse puisque là il s’était montré comme il est : un homme basique. Deuxième déception.

 

Nous finissons la bouteille de vin et changeons de table pour rejoindre ses amis. Il s’agit d’un club de jeux d’échecs et les types présents semblent avoir un bon niveau. Il y a de chaque coté du plateau de jeu un compte-temps, ce qui confirme ma première impression.

 

Il salut les présents, s’installe et me demande de m’asseoir près de lui pour l’encourager. Le jeu commence. C’est assez rapide et mon pianiste prends très vite l’avantage. Il semble concentré mais déconnecte par accoups afin de plaisanter sur le fait que je suis sa prof d’échecs et sa motivation à gagner. Je souris, le voir jouer si bien aux échec me reséduit et lorsqu’il pose sa main sur mon genoux, je la laisse et pose la mienne dessus. Il a fait ainsi deux matchs qu’il a remport. Sans beaucoup de problèmes. J’étais impressionée. Mon pianiste avait décidément plus d’un tour dans son sac !

 

Je décide toutefois de partir car je ne souhaitais pas rentrer tard. Il m’accompagne dehors jusqu’à mon arrêt de bus. Attention appréciée à sa juste valeur. Et alors que le bus s’approchait il me dit « ai-je le droit de t’embrasser cette fois? » sur quoi j’ai répondu «  essaies, et tu verras bien ». Il s’est penché vers moi et m’a donné un baiser que j’ai trouvé un peu trop mouillé et que j’ai écourté en faisant appel au bus de s’arréter.

 

Je me dirige vers le bus et il me tient la main jusqu’à ce que je monte dedans. Et là il dit au chauffeur « faite attention à cette demoiselle, elle a mon cœur avec elle déposez là à bon port». J’ai ris, lui aussi et nous nous sommes séparés par des signes de la main nous envoyant réciproquement des baisers par la vitre qui nous séparait. Quelques minutes après il me textait un mot gentil ce qui m’avait encore plus charmée. Décidément, je l’aimais bien mon pianiste, et il avait su rattraper ses petite bévues passées.

 

Les jours ont passés et je lui ai envoyé un texte pour lui demander si nous pouvions nous revoir. Que j’aimerai l’écouter jouer et que venir à une de se représentation au jaz café. Il répond à coté, un message bizarre alors je laisse tomber pour le moment. Un soir où j’étais allée pour un rendez vous à Kilburn, j’ai pensé le voir puisque Marylebone était sur ma route et que c’était l’occasion. Je le texte avant mon rendez vous et à la sortie, pas de nouvelles.

Je décide donc de l’appeler. Il décroche et je lui demande ce qu’il fait ce soir. Il me réponds qu’il va voir des amis et que ce ne sera pas possible. Je lui demande s’il ne peux pas reculer avec ses amis pour avoir le temps de prendre un café ensemble au moins et rien à faire, il ne semble pas vouloir me faire une place ce soir dans son agenda.

J’arrête d’insister, après tout je l’ai déjà texté, puis appelé, ça suffit ! Troisième déception, ça commence à bien faire.

 

On ne s’est plus trop textés depuis, le courant entre nous semblant s’être éteint de lui même. A bien y réfléchir je n’avais pas aimé le fait qu’il ne tienne pas ses promesses. Je n’ai jamais été invitée au Jazz Café et je n’ai jamais vu la couleur de son album de piano. De plus je n’avais pas aimé me sentir rejettée alors que je lui avais clairement montré mon envie à le voir. Bref, trop de deceptions accumulées m’ont fait réaliser que ce dossier devait d’avance être classé sans suite. J’ai toutefois passé de très bons moments avec lui et garde en général un souvenir amusant et plein de vie de ce pianiste hongrois un peu exhubérant.

 

 

* voir l’article Mon américain

 

 

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