Un peu de sexe in the city?
Carrefour. Il m'attend de l'autre côté.
Première petite déception, il n'est pas aussi beau que dans mes souvenirs, plus jeune, plus maigre. Qu'importe, je me raccroche à ses yeux nutella qui me plaisent toujours autant. Bon, cherchons un pub où nous poser. Finalement ça sera un café salsa. Les pubs sont déjà fermés... Je parle beaucoup déjà, de tout, de rien. Je pépierai toute la soirée, heureuse d'être à ses côtés. Lui m'écoutera, charmé, saoulé, son regard s'évadant parfois ailleurs. Et l'on sirotera cocktail sur cocktail.
Les lumières s'allument peu à peu. Ca ferme...Nous sommes les derniers restés. Le barman nous baragouine, tout heureux, quelques mots de français. Il lui répond qu'il n'est là que pour quelques jours, moi fièrement que j'habite ici. C'est ma ville, mon territoire.
Nous sortons. Bien sûr, ça serait magnifique s'il pleuvait et que nous devions nous blottir l'un contre l'autre sous un parapluie. Mais, non, n'anticipons pas et pour une fois, le temps londonien ne se prête pas à un scène mélo hollywoodienne.
Il me regarde. Il est clair que ni l'un ni 'autre n'avons envie de nous séparer. Alors, on parle, on marche. Il me dit que lui aussi aimerait venir s'installer à Londres, me décrit les jeunes brokers doués plein aux as qu'il a rencontré aujourd'hui, évoque sa vie de fête à Paris, son vague désir de se chercher un appart seul...
Et moi, je lui raconte, mes déboires, mon choc culturel ici, mon nouveau job... J'y mets tant d'enthousiasme et de joie qu'il n'y croit guère. Une fille comme moi, dit-il, ne peut pas être malheureuse!
Mouaih, tu me connais mal, mon petit gars et sache que c'est toi qui me mets dans cet état d'euphorie...devrais-je lui dire mais que je ne dis pas. Je ne montrerai rien.
Alors, à force de déambuler, on se dit qu'il faudrait quand même rentrer. Il fait froid. Il a perdu l'adresse de son hôtel, se souvient vaguement de son nom. "C'est entre Oxford et Picadilly circus...". Ok, on va trouver ça, rien ne nous presse de toute façon. L'objectif, c'est de rallonger au max cet instant.
Je me décrète guide dans notre recherche de l'hôtel perdu, ce qui n'a pas l'air de lui déplaire. Il me suit. Il porte des bracelets plastiques au poignée, les mêmes qu'on distribue en boîte; c'est mignon.
Je ne sais trop comment, je lui trouve son hôtel de luxe. Nous voilà plantés là devant, gauches, hésitants...Ouf, ça y est, on se trouve une excuse: allons prendre un dernier verre au bar! Zut, fermé! Il me propose d'aller piller le fridge de sa chambre, de sa suite, dit-il. Et je m'entends dire oui.
Arrivés là, on enlève nos chaussures. Impossible d'ouvrir le frigo. On décide de faire un jeu idiot. Je dois deviner ce que j'aurais bien pu prendre si nous avions eu la clé. Jeu formidable et crétin qui nous occupe avec délice bien une heure...Et maintenant si on regardait la TV? Ok, on s'étend sur le lit, on se chamaille la télécommande, se balance des coussins, on se fatigue l'un et l'autre...Il est bientôt l'heure de se lever, on tombe presque d'épuisement. Lumière éteinte. Rideaux.
Voilà je n'ai rien oublié, je crois. Ah si, il a quand même fini par m'embrasser...
Par pasdesexeinthecity, Mercredi 25 Octobre 2006 à 17:33 GMT+2 dans Dossiers classés (article, RSS)






