Petits frissons (2)
C'est amusant, on reprend le métro, main dans la main quand même, et puis salut, on se sépare à la prochaine...Mais l'histoire ne s'arrête pas là...
Dommage qu'elle ne soit pas arrêtée là, ça aurait été la définition exacte du parfait flirt: léger, éphémère et sans conséquence. Peu de temps après, je partirais pour Londres...et bye bye Paris, hop une nouvelle vie! Salut l'ami! Et pourtant...
Mais revenons donc à notre mouton. Il vient de finir ses études à Dauphine alors que je le rencontre. En attente de son premier job dans une grande banque. Il n'est pas trop jeune loup aux dents longues, je le sens plutôt travailleur, honnête de ce côté-là, ce que je trouve touchant. Il habite encore chez ses parents. Un petit louveteau, je vous dis. Avant chez sa copine...Plus désormais. Ah oui? Je ne vous l'ai pas encore dit...Ils se sont séparés peu de temps après cette soirée. Fus-je la dernière bulle qui fit exploser la bombe à retardement de la fin des amours? Qui sait? Autre coïncidence: c'est exactement au même salon où notre flirt est né qu'il avait rencontré sa copine...Mais vous attendez les détails maintenant, je le sens.
Revenons à notre séparation assourdie par les échos du métro et du champagne. Nous regagnons chacun nos maisons, lui chez sa copine donc, et moi...chez mon copain. Aïe, aïe, aïe! Ah oui, j'avais aussi oublié de vous mentionner cela? Lyne Achevez dirait que décidemment je suis bien secrète. Oui, bref, si son couple éclate quelque temps après, ce n'est guère glorieux de mon côté. Ca vrombille, ça chahute, ça doute, ça se dispute, ça s'enrage...je m'embrouille, je m'égare, mes désirs vagabondent et...je débarque le lendemain de notre champagne party chez ma tante pour m'y installer quelque temps, faire un break, comme on dit...Disons que mon copain a senti l'ivresse du champagne et la coupe déborde, notre bateau prend l'eau et je fais naufrage chez la famille! Oh, la, la, mon sang fait vite son quart de tour. C'est aussi fatigant d'être si impulsive, vous savez!
Bref, me voilà un peu perdue. J'essaie de démêler le bordel qu'il y a désormais dans ma vie, sans vraiment y voir très clair dans tous ces fils entremêlés...Qu'importe, je me prête avec plaisir à rêver de mon petit louveteau, de tous ses petits gestes, de son grain de beauté en haut de sa pommette, de ses yeux qui pétillent comme du coca-cola, de sa présence à côté de moi, de sa mordante ironie, de nous... C'est agréable, sucré, ce doux sentiment amoureux et, en même temps, un peu entêtant et acide comme un parfum trop lourd qui vous obsède.
Bref, il est temps que je parte, je me dis. La fuite, c'est une des grandes sorties de secours des histoires d'amour. D'ailleurs, ce n'est pas aux hommes que je vais apprendre cela. Je recroise néanmoins le petit louveteau à une soirée chez des amis. Rien ne se passe vraiment. J'ai juste le temps de me plonger dans ses yeux coca, lui de m'apprendre sa rupture avec son amie. Mais nous faisons l'air de rien...et cela est d'autant plus enivrant. Sentir le désir de part et d'autre, et le taire. Juste le sentir, planant au-dessus de nous et résister.
Enfin, rien ne se passe...si ce n'est que je ne veux décidément pas quitter la fête...et lui non plus.
Vite, direction la City! Avant que mon louveteau ne me fasse trop craquer...Arrivée donc à Londres, fin de mon couple un mois plus tard. Le temps est gris, froid et windy.
Jusqu'au jour où, comme tout jeune banquier digne de ce nom, le petit louveteau fut amené à faire un business trip à London...
Par pasdesexeinthecity, Mercredi 25 Octobre 2006 à 10:46 GMT+2 dans Dossiers classés (article, RSS)






